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This month : Quinzaine des réalisateurs

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La Quinzaine des Réalisateurs a toujours été la patrie de la passion du cinéma et le lieu de l’imagination.
Werner Herzog

En mai (1969), fais ce qu’il te plait ! Depuis deux ans déjà, les plaisirs cinéphiles cannois nous manquent. Pour pallier ce vide, et dans l’attente de l’édition de juillet, LaCinetek fait revivre l’histoire de La Quinzaine des Réalisateurs. Créée au printemps 1969 par la jeune SRF (Société des Réalisateurs de Films), la Quinzaine se veut un contrepoint à la Compétition Officielle. Proche des metteurs en scène, la sélection cherche des formes neuves de cinéma en défrichant ses talents futurs, ses économies parallèles et ses terres inconnues. 

Cannes 1972. Family Life de Ken Loach fait l’effet d’une bombe. 
Portrait d’une jeune femme internée par sa famille, ce récit vériste s’ancre dans le courant de l’antipsychiatrie et expose les conflits entre générations au sein du milieu ouvrier britannique. Avec treize sélections en Compétition et deux Palmes d’or, c’est peu dire que Ken Loach s’est depuis imposé sur la Croisette.

Printemps 1973. La Quinzaine découvre l’hallucinant Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog. Cette folle expédition anticoloniale, tournée à Cuzco et le long de l’Amazone, entraîne le furieux Klaus Kinski au côté de Ruy Guerra, chantre du Cinéma Novo, en habits de conquistador. Une quête turbulente et extatique d’un El Dorado filmique.

1975. Un autre héraut du nouveau cinéma allemand fait paraître son Droit du plus fort. C’est Rainer Werner Fassbinder qui se filme dans le rôle d’un chômeur-parieur sur la scène homosexuelle de Berlin. Fassbinder sonde l’économie du désir dans une relecture marxiste du capital amoureux où les passions sont sous l’emprise des rapports de classe. 

Un an auparavant, un ovni avait traversé les écrans cannois. Censuré en Union soviétique, Il était une fois un merle chanteur (1970) d’Otar Iosselliani ne vint chanter en Occident qu’en 1974. Ce film du « Jacques Tati géorgien » présente le beau récit de vie à la fois mélancolique et cocasse d’un joueur de timbales. 

Les années 1980 signent un renouveau du cinéma indépendant américain. En 1984, c’est la révélation Jim Jarmusch dont le premier film, Stranger Than Paradise, remporte la Caméra d’or. De New York en Floride, ce road-trip recueille les fragments de vies d’un trio d’exilés, étrangers à eux-mêmes et au monde, avec la complicité de l’acteur et musicien John Lurie. 

Autre Caméra d’or en 1991 pour le réalisateur belge Jaco Van Dormael. Son premier film à la narration poétique, tissée de flash-backs, remonte et réinvente l’enfance de son personnage. Un jeune Toto le héros qui fête ses 30 ans cette année !

Cannes 1994. Un auteur autrichien présente son troisième film, 71 Fragments d’une chronologie du hasard. En 71 séquences, il forme un puzzle énigmatique autour d’un fait-divers banal, celui d’un multiple meurtre commis par un étudiant de 19 ans. Un projet « sur la glaciation émotionnelle qui frappe mon pays », nous dit le réalisateur qui n’est autre que Michael Haneke, multi-primé depuis.

1996. Deux cinéastes belges, venus à la fiction par le documentaire, mettent au point dans La Promesse ce qui deviendra leur méthode de travail : petit budget, équipe réduite. Drame à la fois intime et social sur l’exploitation de travailleurs clandestins, ce coup d’essai est un coup de maîtres. Le film révèle Olivier Gourmet, le jeune Jérémie Renier et ses réalisateurs frères, Jean-Pierre et Luc Dardenne, double Palme d’or aujourd'hui. 

La même année Y aura-t-il de la neige à Noël ? marque les esprits. Sandrine Veysset, cinéaste trop rare, livre une chronique familiale au style bressonien, dérangeante de naturel et d’émotion contenue, dans la campagne de sa Provence natale. Le film, photographié par la talentueuse Hélène Louvart, remportera le Prix Louis Delluc. 

La mémoire de la Quinzaine porte aussi celle du monde, dont elle témoigne. Voyages d’Emmanuel Finkiel (1999) interroge l’histoire collective et individuelle. Ce premier film saisissant de maturité (Finkiel a auparavant été l’assistant de Godard et de Kieślowski), tresse les récits de trois femmes juives, et raccorde les espace-temps, de la Seconde Guerre mondiale aux années 1990, de la Pologne à Paris et Tel-Aviv.

Ce mois-ci, retour sur dix temps forts de l’histoire de la Quinzaine : un espace d’indépendance politique et un laboratoire de formes où de nombreux premiers films ont fait éclore des auteurs décisifs du cinéma d’aujourd’hui. 
 

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    C'était l'impossible qu'il tentait, Werner.
    Pierre-Henri Deleau
    about Aguirre, la colère de Dieu
    of Werner Herzog

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