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Un kilomètre à pied

Un kilomètre à pied

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Dès les origines du cinéma, Étienne-Jules Marey y voit un outil formidable pour l’étude scientifique du mouvement. Le cinéma naît donc d’expérimentations et d’un paradoxe : l’art de l’image animée est immédiatement utilisé pour arrêter le mouvement et rendre visible la succession de nos gestes les plus quotidiens comme celui de la marche. Métaphore du temps qui passe, et du défilement continu de la pellicule, la marche au cinéma peut aussi se faire danse, chorégraphie poétique des corps. Mais elle est aussi prétexte à l’introspection des personnages qui, pas à pas, avancent vers une plus grande compréhension d'eux-mêmes et du monde à mesure qu'ils le parcourent.


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Récit initiatique, entre blessures d’enfance et quête de reconnaissance, quatre jeunes garçons partent à l’aventure dans Stand by Me, affrontant ensemble les obstacles pour mieux se rapprocher. Épopée tendre à la vie à la mort, le film de Rob Reiner est tiré d’une nouvelle autobiographique de Stephen King et révèle, en 1986, le jeune River Phoenix.

C’est dans le désert australien que nous entraîne La Randonnée (Roeg Nicolas, 1971), à la suite de deux orphelins égarés qui croisent sur leur chemin un jeune aborigène. Malgré la barrière de la langue, ce dernier devient un temps leur guide. Mêlant références spirituelles et contre-culture, le film se fait réflexion sensible sur la perte de l’innocence, le passage à l’âge adulte, et la critique du monde occidental.

Fable écologiste, Les Combattants (2014), met en scène la rencontre d’un jeune homme avec une jeune survivaliste qui le convainc de suivre ses entraînements. À l’instar d’Into the Wild et de La Randonnée, Thomas Cailley construit son récit à partir des paysages qui l’abrite, donnant au film une dimension parfois surréelle. Grand succès à sa sortie, Adèle Haenel obtient le César de la meilleure actrice pour son interprétation tandis que le film reçoit le Prix Louis Delluc et le César du meilleur premier film.

En 1985, Agnès Varda filme une jeune vagabonde qui a décidé d’embrasser une vie de liberté sans s’encombrer d’aucune convention. Porté par Sandrine Bonnaire, Sans toit ni loi diffracte le genre du portrait. Ainsi, au fil des rencontres, Mona dévoile différentes facettes d’elle-même sans jamais se laisser enfermer dans une seule, offrant aux spectateurs une véritable expérience du regard sur autrui et de remise en cause de ses propres préjugés.

À sa sortie de prison, Bruno reprend ses anciennes habitudes et retrouve Eva, qui se réfugie chez lui pour échapper à la violence de son proxénète. Les événements transforment peu à peu leur errance en cavale, de Berlin aux États-Unis, avec pour destination un rêve américain qui ne se laisse pas facilement capturer. Sorti en 1977, La Ballade de Bruno s’apparente à un western désabusé, mené par le duo Werner Herzog/Bruno S., musicien de rue à qui Herzog a confié trois ans auparavant le rôle-titre de L’Énigme de Kaspar Hauser

Paris se redessine dans Le Pont du nord de Jacques Rivette (1981). Marie (Bulle Ogier) sort de prison et croise le chemin de Baptiste (Pascale Ogier), Don Quichotte moderne en lutte contre les symboles du pouvoir. Dans ce chassé-croisé ludique, Georges Perec rencontre Michel Foucault tant la ville se réinvente tout en mettant à jour les trafics et systèmes d’oppression qui la sillonnent. Ode à la résistance, le film tisse un véritable pont entre les générations, saisissant au passage la métamorphose urbaine en cours de la capitale. 

Bien réel cette fois-ci, ancré au-dessus de la Seine, le Pont Neuf est au cœur des Quatre nuits d'un rêveur (1972). C’est là, sur cette structure entre deux rives, qu’un homme sauve une femme du suicide ; et la retrouve quatre nuits durant. Quinze ans après la relecture qu’en avait faite Visconti, Bresson s’inspire des Nuits blanches de Dostoïevski pour ce portrait doux-amer de la jeunesse, empreint d’un pessimisme à contre-courant des espoirs portés par la récente révolution sexuelle, où l’on est plus amoureux de l’amour que véritablement amoureux. 

Figure exceptionnelle du cinéma américain, Ida Lupino se distingue par sa production à la marge des studios, associant peinture sociale et sens hors pair du récit. Avec Faire face, elle aborde frontalement l’épidémie de poliomyélite, alors sans remède. À travers le portrait d’une danseuse atteinte de la maladie et ne pouvant plus marcher, Lupino va à l’encontre de l’habituelle success story à l’américaine, mettant en lumière un parcours où c’est le renoncement qui conduit à se réinventer soi-même.


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