Focus sur
Nathalie Baye
C’est avec tristesse que LaCinetek rend hommage à Nathalie Baye, disparue ce 17 avril.
De ses premiers rôles chez Truffaut (La Nuit américaine, 1973) ou Pialat (La Gueule ouverte, 1974) à aujourd’hui, Nathalie Baye n’a cessé d’accompagner nos amours cinéphiles. Sous des apparences plutôt sages, l'actrice était prête à tous les défis, naviguant avec audace entre les registres d’interprétation et les typologies de films, réconciliant une rigueur de ballerine - sa formation initiale -, à un goût de l’aventure, une discrétion assumée à des explosions de passion et de fantaisies. Son jeu d’une grande intensité intérieure a irradié le cinéma français pendant cinq décennies, tout en nous offrant quelques incursions dans le cinéma outre-Atlantique : de Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg (2002) à son interprétation marquante de la mère de Laurence dans Laurence Anyways de Xavier Dolan en 2012.
Auréolée de nombreux prix, elle reçoit le César du meilleur second rôle pour Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard en 1981, avant d’être deux fois récompensée par celui de la meilleure actrice, notamment pour Le Petit Lieutenant (Xavier Beauvois, 2006).
Aujourd’hui, une image d’elle s’impose dans nos souvenirs, celle de la jeune femme de Sauve qui peut (la vie) pédalant à toute vitesse dans la campagne suisse, et dont la course découpée en tableaux successifs par Godard révèle une grâce aussi aérienne que solaire.