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In diesem Monat : Voyeurisme

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Editorial

En faisant un film documentaire, il peut porter préjudice aux personnes qu'il a filmées. Ça devient une question éthique : "Que peut-on filmer ?"
Irène Jacob à propos de L'Amateur de Krzysztof Kieślowski

En janvier, LaCinetek vous invite à une plongée dans les eaux troubles du voyeurisme. Qu’il s’agisse du plaisir de regarder sans être vu ou du désir de soumettre l’autre par le regard, la pulsion scopique est omniprésente au cinéma.

En sondant la relation intime qu’on peut entretenir avec le regard, les dix films de la sélection questionnent l’acte de filmer et la place du spectateur, et offrent également une réflexion autour de la prolifération des écrans dans nos sociétés contemporaines.  

Personnage énigmatique, le jeune Graham Dalton (extraordinaire James Spader) n’a d’autre jouissance que de filmer avec sa caméra vidéo des femmes qui racontent leurs expériences intimes. Signé par Steven Soderbergh alors qu’il n’avait que vingt-six ans, Sexe, mensonges et vidéos est une étude subtile de la sexualité et des relations de couple. Le film a fait sensation en remportant la Palme d’Or au festival de Cannes en 1989, Soderbergh détenant encore aujourd'hui le record du plus jeune réalisateur à recevoir la distinction suprême. 

Incarné magistralement par Michel Simon, Monsieur Hire est, quant à lui, un voyeur plus discret qui se contente d’observer depuis sa fenêtre la belle Alice (Viviane Romance). Adapté des Fiançailles de M. Hire de Georges Simenon, Panique (1946) de Julien Duvivier est une fable tragique sur la cruauté humaine et le voyeurisme impitoyable des foules. 

Quelques décennies plus tard, Patrice Leconte, fervent admirateur de Duvivier, livre avec Monsieur Hire (1989) une nouvelle adaptation du roman de Simenon. Centré sur la solitude de son personnage principal, le film est servi par la puissance de jeu de Michel Blanc dans un rôle éloigné de son répertoire habituel, aux côtés de Sandrine Bonnaire en séductrice vénéneuse.  

Trop méconnu, Une sale histoire (1977) du grand Jean Eustache est un film-somme sur la perversion voyeuriste tout autant qu’une réflexion saisissante sur l’essence du cinéma et la mise en scène du réel. Moyen-métrage autoproduit, il se compose de deux volets, le premier fictionnel et le second documentaire. Dans les deux cas, un homme (incarné tour à tour par Michael Lonsdale et Jean-Noël Picq) raconte, à des convives, le récit d’une obsession : celle de regarder le sexe des femmes à travers un trou au bas d’une porte d’un café parisien.

Tout aussi transgressif, Le Voyeur (1959) de Michael Powell met en scène un jeune caméraman timide, dévasté par ses pulsions scopiques meurtrières. Le film s’ouvre sur un plan subjectif qui, pour la première fois dans l’histoire du cinéma, place le spectateur dans la peau d’un tueur. Résolument moderne, précurseur du giallo et du slasher, le film a fait scandale à sa sortie, enterrant pendant plusieurs années la carrière de Powell, jusqu’à ce que Martin Scorsese et Bertrand Tavernier l’érigent au rang de chef-d’œuvre cinématographique. Sa puissance est aujourd’hui intacte.  

Krzysztof Kieślowski met lui aussi en abyme le cinéma dans L’Amateur (1979) à travers le récit d’un jeune père qui se procure une petite caméra pour filmer sa fille qui vient de naître. 
Tout à son bonheur de filmer, il découvre bientôt le pouvoir des images, dans un film d’une inventivité folle où se révèlent progressivement les questions fondamentales qui se posent à tout cinéaste, amateur ou professionnel. 

C’est à travers l’objectif de son appareil photo que Servais (Fabio Testi) tombe amoureux de Nadine (Romy Schneider) sur le tournage d’un film pornographique, alors qu’elle le supplie de ne pas la photographier. L’important c’est d’aimer (1975) d'Andrzej Żuławski emporte par son lyrisme et sa mise en scène vertigineuse, tout en interrogeant la relation acteur-réalisateur.

Au-delà de sa relation à l’érotisme, Fritz Lang élargit le thème du voyeurisme à ses fonctions de contrôle et de surveillance. Film testamentaire du cinéaste, qu’il réalisa presque trente ans après les deux premiers opus du Docteur Mabuse, Le Diabolique Docteur Mabuse (1960) est une œuvre visionnaire qui dépeint un microcosme où l’intimité est soumise au regard constant de caméras de surveillance.

C’est aussi la vision du monde que donne à voir Michael Haneke avec Caché (2005), où un présentateur de télé et père de famille (Daniel Auteuil aux côtés de Juliette Binoche) reçoit des cassettes vidéos anonymes de sa maison filmée depuis la rue. Le film, qui n’est pas sans évoquer Lost Highway de David Lynch, offre une réflexion sur l’époque qui voit naître la multiplication tous azimuts des écrans.

Enfin, c’est La Mort en direct (1980) de Bertrand Tavernier qui clôt la sélection, film où se réalise un fantasme voyeuriste parmi les plus sombres : une émission de télé-réalité embauche un homme qui se fait greffer une caméra à la place de l’œil pour filmer, en direct, la mort de Katherine Mortenhoe (Romy Schneider). En questionnant le voyeurisme du (télé)spectateur autant que celui inhérent au cinéma, Tavernier livre, dans l’un des films les plus singuliers de sa carrière, une méditation puissante sur la vie et l’amour.

Ce mois-ci, dix films qui mettent en abyme le cinéma pour mieux l’interroger et auscultent, en miroir, le voyeurisme des cinéastes et celui des spectateurs. 

*Je suis un espion dans la maison de l'amour.

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    En faisant un film documentaire, il peut porter préjudice aux personnes qu'il a filmées. Ça devient une question éthique : "Que peut-on filmer ?"
    Irène Jacob
    Über L'Amateur
    von Krzysztof Kieślowski

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