Filmauswahl des Monats

Bis zum 09/07

In diesem Monat : À l'hôtel

À l'hôtel
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Editorial

La première des illusions de mon père était que les ours peuvent survivre à la vie que mènent les humains, et la seconde que les humains peuvent survivre à la vie que l’on mène dans les hôtels.
John Irving, L’Hôtel New Hampshire

En juin, LaCinetek vous emmène à l’hôtel ! Qu’il soit établissement de luxe ou motel désertique, relié à une métropole ou jeté dans un coin perdu, l’hôtel est un décor privilégié de cinéma. Dans le secret d'une chambre, la solitude d’un couloir, le manège d’un ascenseur ou l’anonymat d’un hall, ce décor multiplie les intrigues potentielles, de la romance aux échappées existentielles.

Le séjour débute sur la côte, au modeste Hôtel des Amériques (1981) de Biarritz. Vous y ferez la connaissance du fils de la tenancière – Patrick Dewaere – amoureux d’une cliente de passage : Catherine Deneuve. André Téchiné peint ce lien naissant, entre hantise et lâcher prise, dans un cadre à la fois balnéaire et déréalisant. 

Dans une ville d’eau allemande, une autre histoire d’amour et de mémoire hante un somptueux établissement. Entrez dans L’Année dernière à Marienbad (1961), le labyrinthe temporel et sentimental d’Alain Resnais et Alain-Robbe Grillet (au scénario), et perdez-vous aux côtés de l’élégante Delphine Seyrig et du troublant Giorgio Albertazzi. 

Un autre dédale, urbaniste et moderniste, scelle les destins de la programmeuse informatique Anna Karina et de l’agent secret Eddie Constantine. Dans un hôtel fauché de la dystopique Alphaville (1965), ce récit d’anticipation de Jean-Luc Godard s’ouvre in fine à la possibilité du film d’amour. 

De grandes baies vitrées animées de reflets romantiques, un cadre tantôt froid et tendre, aussi spacieux que vide… Vous êtes dans l’hôtel de luxe tokyoïte de Lost in Translation (2003). Sofia Coppola y convie deux (célèbres) touristes américains : le burlesque Bill Murray et la désarmante Scarlett Johansson qui expérimenteront l’un et l’autre que se sentir étranger à soi-même peut permettre de mieux découvrir ses désirs cachés. 

Car l’hôtel c’est aussi cet espace, à la fois intime et anonyme, où s’oublier et se réinventer, que ce soit le temps d’une échappée, d’un déplacement professionnel ou d’une plus longue errance. 

Ainsi du premier court-métrage de Cédric Klapisch, le bien-nommé In Transit (1987), où un jeune homme en attente d’un avion erre dans une Big Apple fantomatique. L’hôtel devient une zone qui abrite des êtres de passage, partiellement désincarnés. 

Le dépaysement, jusqu’à l’inquiétante étrangeté, est aussi au cœur de Profession : reporter (1974), où Michelangelo Antonioni, cinéaste du non familier, perd Jack Nicholson dans un hôtel du désert africain. Le reporter, usurpateur d’identité, devient le passager d’une vie qui n’est plus la sienne, dans une errance où il rencontrera la lumineuse Maria Schneider.

Deux sœurs et un enfant doivent faire halte dans une ville en proie à une guerre civile, qui ne sera jamais vraiment située. Dans ces lieux étranges résonne la musique de Bach tandis qu’un maître d’hôtel s’exprime dans une langue incompréhensible. Nous sommes dans l’hôtel du Silence (1963) de Ingmar Bergman, où s’exercent des forces contraires : de la réclusion à l’exploration, de la maladie à l’érotisme. 

Dans la topographie du cinéma américain, l’hôtel (et a fortiori le motel), façonne le « genre de l’errance » par excellence qu’est le road movie. Dès son premier long, Bottle Rocket (1996), Wes Anderson filme la cavale fantaisiste d’une bande d’arnaqueurs bras cassés réfugiés dans un miteux motel texan (avec les frères Owen et Luke Wilson, en jeunes débutants). 

Qu’est-ce qui lie le fantôme d’Elvis Presley à deux touristes japonais, une veuve italienne (Nicoletta Braschi) et une bande de potes éméchés (parmi lesquels Steve Buscemi) ? Un hôtel de seconde zone de Memphis, Tennessee, filmé par Jim Jarmusch dans Mystery Train (1989) ! Ce road trip existentiel, à la croisée des destins, est aussi un pèlerinage musical où se croisent, sur les lignes musicales de John Lurie, des personnages incarnés par Tom Waits, Joe Strummer (le leader des Clashs) ou Screamin’ Jay Hawkins, inoubliable en employé de nuit. 

Room service ! Si l’hôtel peut déréaliser, il peut aussi raviver des réalités très concrètes, d’économie et de gestion, notamment lorsqu’on y travaille, au lieu d’y séjourner. 

Enfilant le costume de groom dans un grand hôtel parisien, Virginie Ledoyen incarne La Fille seule de Benoît Jacquot (1995). De la préparation du petit-déjeuner au décompte du minibar, le quotidien de cette héroïne révèle un commerce de relations – entre assujettissement, altercations ou élans de sympathie – des collègues aux clients. 

C’est une économie singulière – sociale et de cinéma – qui façonne le regard attentif de Chantal Akerman. En 1972, pour Hotel Monterey, elle parcourt les chambres d’un modeste hôtel new yorkais réservé aux marginaux de la société américaine. Depuis la réception jusqu’au dernier étage, cette « élévation » filmique sublime son sujet, en une galerie de tableaux animés semblables à des toiles d’Edward Hopper en 16 mm. 

Ce mois-ci, 11 films*, 11 hôtels aux ambiances bien distinctes (intime ou standardisée, rétro ou moderniste), comme autant de matrices à fictions et à souvenirs. 

*La sélection du mois accueille ce mois-ci un 11ème titre en bonus : In Transit, l’un des premiers courts métrages de Cédric Klapisch.

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Die Filmauswahl des Monats

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    C'est un film qui a abordé une narration non conventionnelle et qui a eu le courage de s'y tenir et de la porter sur un grand écran.

    Para One à propos de L'Année dernière à Marienbad d'Alain Resnais

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