Hommage à
Youssef Chahine
Il y a cent ans, en janvier 1926, naissait le grand cinéaste égyptien Youssef Chahine.
Grandissant à Alexandrie, la cité de tous les métissages, alors que l'Égypte vient de regagner une partie de son indépendance, Chahine ne cessera d'interroger les tensions entre l'histoire de son pays marquée par la colonisation et un imaginaire culturel dominé par l’influence occidentale. Sa filmographie, protéiforme, épouse tous les genres de l’autoportrait au mélodrame.
Pour lui rendre hommage, LaCinetek vous propose de (re)découvrir deux de ses fresques historiques intimistes. Avec Adieu Bonaparte (1985), c’est la campagne d’Égypte du futur empereur que Chahine revisite avec une perspective nouvelle autour de la figure du général Caffarelli (Michel Piccoli), qui intègre la résistance égyptienne. Une dizaine d’années plus tard, dans Le Destin, il s’intéresse au philosophe et savant arabe Averroès, porteur d’idées progressistes dans l’Andalousie du XIIe siècle, qui aura une influence considérable sur la pensée occidentale de la Renaissance. Derrière ce biopic se niche une autre leçon de résistance par la joie et les arts face aux fanatismes de l’époque.