Regard sur
Les Petites marguerites
L’une est blonde, l’autre est brune, et elles ont sacrément la dalle, un bon coup de fourchette et l’envie de croquer la vie à pleines dents. D’ailleurs, elles se nourrissent de tout : des hasards, des aventures, des images de steaks hachés trouvées dans un magazine. Car il en faut de l’énergie pour échapper aux normes, s’affirmer comme sujet face aux regards des hommes, alimenter ces corps entrés en résistance, seule preuve tangible que l’on existe dans un monde sans liberté : je mange donc je suis.
Nous sommes en Tchécoslovaquie, en 1966 ; dans deux ans éclatera le Printemps de Prague. Věra Chytilová donne déjà le ton avec Les Petites marguerites, qui malgré la censure deviendra bientôt l’un des films cultes de la Nouvelle vague tchécoslovaque.