Gus Van Sant
Du 13 avril au 31 juillet, la Cinémathèque Française consacre une exposition au réalisateur Gus Van Sant. L’occasion de se plonger dans son univers au travers de photographies, tableaux mais aussi collaborations artistiques (William Burroughs et David Bowie) et de découvrir ses influences et son profond ancrage dans la Beat Generation.

Exposition Gus Van Sant à La Cinémathèque Française du 13 au 31 avril 2016

Gus Van Sant est né en 1954 à Louiseville dans le Kentucky. Après avoir décroché son diplôme de design, il commence à peindre et à réaliser des courts-métrages. En 1977, il décroche un premier emploi dans le cinéma en tant qu’ingénieur du son sur une production indépendante tournée à Portland. La ville le fascine aussitôt et il ne cessera d’y revenir, notamment dans ses films. Il choisit Portland pour tourner son premier long-métrage, Mala Noche, et fait le décor de  Drugstore Cowboy et My Own Private Idaho. Il y a aussi transposé la tuerie de Colombine dans Elephant.

Mala Noche, que Gus Van Sant a lui-même produit, raconte l’histoire d’un jeune homosexuel tombant amoureux d’un émigré mexicain. Le film est un échec commercial et n’est remarqué que par quelques critiques. Le réalisateur écrit  alors le scénario de My Own Private Idaho, qui retrace l’histoire de deux jeunes hommes prostitués. Le film peine à être financé, et il décide de laisser le projet de côté afin de réaliser Drugstore Cowboy, dont le scénario trouve grâce aux yeux des producteurs. Grand admirateur du dytique de Coppola Outsiders et Rusty James, Gus Van Sant parvient à convaincre Matt Dillon d’interpréter le rôle de Bob, toxicomane qui braque des pharmacies aux côtés de sa femme. A sa sortie, Gus Van Sant devient le nouveau réalisateur indépendant à suivre. Ce succès lui permet de réaliser enfin My Own Private Idaho qui réunit à l'écran deux étoiles montantes du cinéma : Keanu Reeves et River Phoenix.

Will Hunting (1997)

Dès le milieu des années 1990, le réalisateur projette de mettre en scène la vie d’Harvey Milk, un politique homosexuel assassiné à San Francisco (film qu’il ne parviendra à réaliser qu’en 2008).

En 1997 sort Will Hunting, le premier film dont il n’a pas écrit le scénario et sa première production hollywoodienne. A l’origine de cette histoire mettant en scène un adolescent surdoué et son professeur se trouvent Ben Affleck et Matt Damon, qui détiennent aussi tous deux des rôles principaux. Jusqu’alors considéré comme un réalisateur marginal, farouchement indépendant, le grand public (re)découvre Gus Van Sant. Le réalisateur poursuit cette lignée pendant quelques films avant de prendre à nouveau un autre tournant et de se consacrer à sa « tétralogie de la mort » avec Gerry, Elephant, Last Days et Paranoïd Park. Films sombres, réfléxions autour de la mort, éclatement du récit, Gus Van Sant délaisse la forme classique pour revenir à un style singulier, versant parfois dans le cinéma expérimental.