Jean Gabin

Rétrospective Jean Gabin à la Cinémathèque Française du 16 mars au 30 mai 2016

De son vrai nom Jean Moncorgé, l’acteur est né en 1904 dans une famille d’artistes. Ses parents montent tous deux chaque soir sur les planches des cabarets parisiens. Jean délaisse très tôt l’école et effectue des petits boulots de manutention. A l’âge de dix-huit ans, son père le fait engager aux Folies Bergères. Jean Moncorgé reprend alors le nom de scène familial et devient Jean Gabin. Il se produit comme chanteur et enchaîne les seconds rôles. Quelques années plus tard, Gabin est devenu une véritable figure du music-hall et se fait même remarquer par la célèbre Mistinguett.

A la même période, il commence à être sollicité par des réalisateurs mais refuse de jouer au cinéma, persuadé de son piètre talent d’acteur. Il se laisse pourtant convaincre par la société de production Nathan-Pathé avec qui il finit par signer un contrat. A l’orée des années 1930, Jean Gabin se retrouve à tourner dans des comédies musicales, ce qui ne le dépayse guerre des cabarets qu’il vient de quitter. Pourtant sa « gueule » et son phrasé sont vite remarqués par le milieu.

C’est le metteur en scène Julien Duvivier, avec qui il tourne pour la première fois en 1935, qui lui offre son premier grand rôle dans La Bandera. S’en suit une riche collaboration, puisque les deux hommes tourneront ensemble six films. Jean Gabin devient le nouveau visage du cinéma français, le jeune voyou gouailleur de Montmartre, l’homme populaire écrasé par son destin, le prolétaire au grand cœur. C’est la période pendant laquelle l'acteur tourne La Belle Equipe de Julien Duvivier, La Bête humaine et La Grande illusion de Jean Renoir, Gueule d’amour de Jean Grémillon, Quai des brumes de Marcel Carné....

La Belle Equipe de Julien Duviver (1936)

En 1939, l’acteur refuse de tourner sous l’occupation allemande et s’exile à Hollywood, où il rejoint notamment Jean Renoir, Julien Duvivier, Charles Boyer et Jean-Pierre Aumont. En 1943, après y avoir tourné deux films, il s’engage dans les Forces Françaises Libres. La guerre finie, Gabin retrouve le chemin des studios français mais il n’est plus le même : les évènements et l’exil l’ont vieilli. Sa notoriété l’empêche désormais de jouer les jeunes premiers.

La deuxième partie de sa carrière, Gabin la bâtit avec les techniciens et les réalisateurs qu’il connaît et en qui il a confiance. Fort de sa célébrité et des succès de ses films, il impose désormais ses cinéastes à la production. L'acteur s’installe alors dans des rôles de patriarche, de patron, d’homme dur voire autoritaire. Sa nouvelle image tranche avec celle du jeune homme fragile et du réalisme poétique de ses premiers films. On le retrouve dans La Vérité sur bébé Donge d’Henri Decoin (1951) et  Jean Renoir qui lui offre son premier rôle dans film en couleurs avec French Cancan en 1955. Gabin tourne son dernier en 1976 et s’éteint quelques mois plus tard. Il aura traversé presque cinquante ans de l'histoire du cinéma et se sera imposé comme un "monstre sacré".

Jean Gabin et Danielle Darrieux dans La vérite sur bébé Donge d'Henri Decoin (1952)